ŒUVRES CLASSIQUES
Il y a tant d’œuvres qui existent.
Qu’est-ce qui légitime celles qui, parmi toutes, sont des classiques ?
Elles dépendent de la culture dans laquelle on évolue.
Il y a quelque chose qui touche à l’arbitraire et au hasard.
L’influence que peuvent avoir certaines personnes sur un grand nombre d’autres permet de les créer.
Même si ce n’est pas la seule, cela est sans doute une condition sine qua none.
Il y a sûrement d’innombrables œuvres méritant d’être connues de tous qui sont restées inconnues ou même qui se sont perdues.
Je suis de plus en plus conscient de l’immensité croissante du nombre d’œuvres existantes, de l’impossibilité de les connaître toutes.
Une fois le constat dressé, il est alors légitime de se poser la question suivante : que choisir de découvrir, et comment choisir ?
Là aussi ce ne peut être qu’arbitraire et lié au hasard.
Pour s’intégrer à la société, la connaissance des classiques reconnus par les siens est nécessaire.
Si l’on souhaite pouvoir déceler des références à des classiques dans des œuvres plus tardives, il faut bien avoir connaissance de ces classiques.
Mais je me demande : est-il réellement nécessaire de faire référence à d’autres lorsque l’on crée ?
Certes, on ne crée pas à partir de rien, et il faut bien avoir absorbé de nombreuses choses pour pouvoir à son tour participer à la construction de l’Œuvre humaine.
Mais je trouve déraisonnable de créer une chose qui nécessite la connaissance d’éléments extérieurs pour être comprise.
Une œuvre qui se comprend sans le secours d’une autre touche à l’universel et me semble mériter davantage qu’on lui porte intérêt qu’une œuvre qui se construit sur de nombreuses autres antérieures.
De même, une œuvre qui est ancrée dans une période déterminée, si elle est intéressante pour qui connaît ou s’intéresse à cette période, ne touchera pas le cœur de qui n’a aucun moyen de comprendre cette période.
Faire le choix consistant à chercher par soi-même des œuvres de qualité qui ne soient pas des classiques revient à parcourir des chemins non balisés, dans lesquels on peut s’isoler mais qui apportent aussi beaucoup, qui aident à l’ouverture d’esprit et à la curiosité.
La difficulté est de pouvoir trouver des œuvres peu connues, de savoir comment les découvrir et où se les procurer.
Car c’est évidemment beaucoup plus difficile que pour les classiques reconnus, qui sont souvent cités et largement diffusés.
Je veux découvrir des idées réellement novatrices et non seulement recyclées.
Pour cela je cherche dans d’autres cultures, mais je me sens comme un aveugle tournant en rond dans un labyrinthe.
Ensuite je veux créer, non pas quelque chose qui ressemble à ce qui a déjà pu être créé, mais quelque chose qui me ressemble.
Je veux penser que dans ce qui me ressemble il y a une part qui touche à l’universel, même si j’ai conscience de ma singularité.
Il me faudra ouvrir ma propre voie, trouver ce qui me fait vibrer depuis le plus profond de mon être, puis trouver les mots pour le partager.